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Communiqué immédiat:
23 Mars 2010

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Le requin océanique ne survit pas au vote de la CITES

DOHA — Les Parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flores sauvages menacées d’extinction (CITES) ne sont pas parvenues à inscrire le requin océanique à l’Annexe II du Traité, aujourd’hui. La demande de soupe à l’aileron de requin conduit cette espèce et de nombreuses autres vers l’extinction. 

« Le volume total d’ailerons de requins dans le commerce international est stupéfiant », a déclaré Mme Linda Paul, directrice du Programme international pour l’organisation Earthtrust, membre du Species Survival Network. « L’année dernière, près de 14 000 tonnes métriques d’ailerons, d’une valeur supérieure à 308 millions de dollars américains, ont été commercialisées au niveau international. » 

Les ailerons du requin océanique, amples et précieux, figurent parmi les plus prisés des marchands d’ailerons de Hong Kong ; partant, l’espèce est devenue la cible de la pêche licite et illicite. Ceci dit, il ne s’agit que d’une des douzaines d’espèces de requins que la demande croissante d’ailerons est en train d’épuiser. 

Au poids unitaire, les ailerons sont le produit le plus précieux issu du requin. Chaque année, jusqu’à 100 millions de requins sont abattus, uniquement pour leurs ailerons. Une fois que les ailerons ont été arrachés, les restes de la plupart des requins sont jetés par-dessus bord, où ils meurent. Seule la viande de quelques espèces est conservée comme nourriture. 

Les habitants insulaires du Pacifique trouvent cette façon de faire particulièrement scandaleuse. « L’importance culturelle des requins pour les populations autochtones des îles du Pacifique et le fait que l’utilisation d’absolument toutes les parties d’un poisson attrapé soit une valeur sociale profondément enracinée sont complètement incompatibles avec la pratique actuelle consistant à arracher les ailerons et à jeter le reste » a déclaré Keone Nunez, un spécialiste des cultures autochtones né à Hawaï. « Tous s’accordent pour dire que rien ne devrait être gaspillé. » 

En 2006, l’Assemblée générale des Nations Unies avait adopté une résolution priant les Etats d’interdire directement la pêche de requins menée à la seule fin de leur arracher leurs ailerons. En 2007, l’Assemblée générale des Nations Unies a opté pour un nouveau langage et exhorté les Parties à envisager de prendre d’autres mesures, et notamment d’exiger que les ailerons de tous les requins débarqués n’aient pas été arrachés. 

Palaos et les Etats-Unis ont proposé l’inscription du requin océanique à l’Annexe II, et celles du requin-martin halicorne en danger d’extinction et des autres membres de sa famille, en raison du fait que le commerce des ailerons est en train de les décimer. Une inscription à l’Annexe II permettrait de réglementer le commerce des ailerons de cette espèce, pas de l’interdire. À l’avenir, les Parties à la CITES devront bien condamner ce gaspillage monstrueux des requins pour leurs ailerons, sinon le nombre de propositions d’inscription d’espèces de requins aux Annexes de la CITES risque d’augmenter considérablement.

 

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