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DOHA — Les Parties à la Convention sur
le commerce international des
espèces de faune et de flores sauvages menacées d’extinction (CITES) ne
sont pas parvenues à inscrire le requin océanique à l’Annexe II du
Traité, aujourd’hui. La demande de soupe à l’aileron de requin conduit
cette espèce et de nombreuses autres vers l’extinction.
« Le volume
total d’ailerons de requins dans le commerce international est
stupéfiant », a déclaré Mme Linda Paul, directrice du Programme
international pour l’organisation Earthtrust, membre du Species
Survival Network. « L’année dernière, près de 14 000 tonnes métriques
d’ailerons, d’une valeur supérieure à 308 millions de dollars
américains, ont été commercialisées au niveau international. »
Les ailerons du requin océanique,
amples et précieux, figurent parmi
les plus prisés des marchands d’ailerons de Hong Kong ; partant,
l’espèce est devenue la cible de la pêche licite et illicite. Ceci dit,
il ne s’agit que d’une des douzaines d’espèces de requins que la
demande croissante d’ailerons est en train d’épuiser.
Au poids unitaire, les ailerons sont
le produit le plus précieux issu
du requin. Chaque année, jusqu’à 100 millions de requins sont abattus,
uniquement pour leurs ailerons. Une fois que les ailerons ont été
arrachés, les restes de la plupart des requins sont jetés par-dessus
bord, où ils meurent. Seule la viande de quelques espèces est conservée
comme nourriture.
Les habitants insulaires du Pacifique
trouvent cette
façon de faire particulièrement scandaleuse. « L’importance culturelle
des requins pour les populations autochtones des îles du Pacifique et
le fait que l’utilisation d’absolument toutes les parties d’un poisson
attrapé soit une valeur sociale profondément enracinée sont
complètement incompatibles avec la pratique actuelle consistant à
arracher les ailerons et à jeter le reste » a déclaré Keone Nunez, un
spécialiste des cultures autochtones né à Hawaï. « Tous s’accordent
pour dire que rien ne devrait être gaspillé. »
En 2006, l’Assemblée
générale des Nations Unies avait adopté une résolution priant les Etats
d’interdire directement la pêche de requins menée à la seule fin de
leur arracher leurs ailerons. En 2007, l’Assemblée générale des Nations
Unies a opté pour un nouveau langage et exhorté les Parties à envisager
de prendre d’autres mesures, et notamment d’exiger que les ailerons de
tous les requins débarqués n’aient pas été arrachés.
Palaos et les Etats-Unis ont proposé
l’inscription du requin océanique
à l’Annexe II, et celles du requin-martin halicorne en danger
d’extinction et des autres membres de sa famille, en raison du fait que
le commerce des ailerons est en train de les décimer. Une inscription à
l’Annexe II permettrait de réglementer le commerce des ailerons de
cette espèce, pas de l’interdire. À l’avenir, les Parties à la CITES
devront bien condamner ce gaspillage monstrueux des requins pour leurs
ailerons, sinon le nombre de propositions d’inscription d’espèces de
requins aux Annexes de la CITES risque d’augmenter considérablement.
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