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Communiqué immédiat:
21 Mars 2010

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À l’issue du débat sur les coraux, les Parties à la CITES voient rouge

DOHA—Les Parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) s’apprêtent à examiner à nouveau une proposition des États-Unis visant à inscrire les coraux rouges et roses à l’Annexe II du traité. Les coraux noirs figurent déjà à l’Annexe II de la CITES, ce qui a permis de renforcer la capacité des Parties à la CITES à surveiller le commerce. 

La demande de bijoux en coraux, dont les États-Unis sont le principal consommateur, mène les populations de coraux vers l’extinction. Depuis le milieu des années 1980, les stocks disponibles ont chuté de plus de 80 %; les précieux coraux de la mer Méditerranée ont pratiquement disparu; les populations du Pacifique qui ne sont pas encore épuisées le seront assurément dans les quatre à cinq années suivant leur découverte. Aujourd’hui, les lits récoltés antérieurement sont essentiellement peuplés de petites colonies immatures, mais même les plus petits spécimens de corail rose sont récoltés, mis en poudre, mélangés à de la résine et transformés en bijoux. 

L’administration des Etats-Unis chargée des espèces (U.S. Fish and Wildlife Service) avait soumis cette proposition à l’occasion de la session de la Conférence des Parties de la Haye en 2007. « Elle avait été rejetée de peu dans les derniers instants de la session, compte tenu des nombreuses informations inexactes et des tactiques de forte pression exercées par l’industrie », a déclaré Linda Paul, Directrice des programmes internationaux pour Earthtrust, membre du Species Survival Network. « Cette fois-ci, il est encore plus urgent de faire adopter cette proposition. » 

Deux réunions techniques, qui se sont déroulées en 2009, à Hong Kong et à Rome, respectivement, ont permis de présenter de nouvelles preuves indiquant que les coraux rouges et roses se développaient deux à trois fois plus lentement que ce qui avait été annoncé au préalable. Ils pourraient mettre une centaine d’années avant d’atteindre leur plein potentiel de reproduction. 

A mesure que les technologies de récolte en eaux profondes deviennent de plus en plus sophistiquées, même les coraux des grandes profondeurs risquent d’être épuisés. « Il est impossible d’assurer une récolte durable des coraux précieux », a précisé Mme Paul. « La récolte de coraux relève de l’extraction minière, pas de la pêche. » Les chaluts, les filets et les filets maillants utilisés pour récolter les espèces vivant dans les eaux les plus profondes détruit des colonies entières et endommage leurs écosystèmes. Les régions épuisées pourraient mettre des centaines d’années à récupérer. » 

Bien que le Conseil de gestion des pêcheries régionales du Pacifique occidental ait élaboré un plan de récolte du corail pour les îles du Nord-Ouest de Hawaï, ce dernier n’a jamais été mis en œuvre. Cette zone constitue désormais un monument national marin protégé que les corailleurs ne peuvent exploiter à des fins commerciales. Malgré tout, il est à craindre que des bateaux de pêche étrangers n’y mènent des activités de braconnage. 

Presque 70 % des matières brutes viennent du Pacifique, mais les lieux de pêche exacts ne sont pas déclarés et demeurent inconnus. En 1985, des bateaux de pêche étrangers avaient récolté 100 tonnes autour de la zone des Gardiner Pinnacles et de l’île Laysan. Des photos de l’habitat du fond, qui ont été récemment prises à bord d’un sous-marin dans les eaux profondes des Emperor Seamounts, dans la zone économique exclusive des États-Unis, montrent que les coraux y ont également été récoltés par des opérations de dragage. L’habitat est jonché de restes de coraux brisés et morts. « Les braconniers n’ont jamais été pris sur le fait tout simplement parce que lutter contre la fraude dans l’océan Pacifique et très difficile et reviendrait très cher », a déclaré Paul. 

La lutte contre la fraude ne devient possible que lorsque les produits tirés du corail pénètrent le commerce, en règle générale, dans un port d’entrée quelconque. Ceci dit, il n’existe aucun programme de contrôle ou de suivi global du commerce international pour les coraux rouges et roses, qui ne sont gérés ni par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ni par une autre organisation régionale de gestion des pêcheries. Cela relève de la CITES, qui a pour mandat de réglementer le commerce des espèces menacées. 

L’inscription des coraux rouges et roses à l’Annexe II de la CITES n’imposerait aucun embargo sur le commerce de ces coraux, mais elle obligerait les États exportateurs à déclarer formellement que les coraux expédiés n’ont pas été prélevés dans un lieu ou récoltés d’une façon qui soit susceptible de nuire à la survie de cette espèce à long terme. 

Sept espèces de coraux rouges et roses font l’objet d’un commerce international, mais comme il est impossible d’identifier les différentes espèces entrant dans la composition d’un produit fini, il a été proposé d’inscrire toute la famille, à savoir une trentaine d’espèces, à l’Annexe II.

 

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