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(DOHA)— Dans une décision ne tenant
pas compte des conséquences à long terme, les Parties à la Convention
sur le commerce international des espèces sauvages menacées
d’extinction (CITES) ont rejeté une proposition de la Principauté de
Monaco visant à protéger le thon rouge de l’Atlantique, par un vote
décevant de 68 voix contre, 20 favorables, et 30 abstentions.
« Le thon rouge de l’Atlantique est
victime de surexploitation imputable aux activités du commerce licite
et de l’importante pêche illicite non réglementée et non déclarée » a
signalé Will Travers, le président du Species Survival Network. « Où
est le principe de précaution? Où sont les visionnaires? La CITES
attendra-t-elle vraiment que les espèces aient complètement disparu
avant d’agir? C’est une honte. »
Menés par le Japon, l’un après
l’autre, les pays, et notamment de nombreux petits États insulaires
dont l’économie de la pêche dépend des échanges avec l’Extrême-Orient,
se sont alignés pour condamner la proposition qui, à leurs yeux,
représentait un préjudice pour leur développement économique. Seules
quelques nations semblent avoir conscience de la gravité des
répercussions du commerce continu. À titre d’exemple, en 2007, alors
que la taille maximale des prises globales recommandée était de 15 000
tonnes, la prise réelle atteignait presque 30 000 tonnes.
Le commerce international massif et le
commerce illicite destinés en grande partie à satisfaire la demande des
marchés du sushi et du sashimi au Japon, nuisent au thon rouge de
l’Atlantique. Si la tendance du taux de capture annuel qui, selon les
estimations, oscille entre 44 948 tonnes et 61 000 tonnes (entre 2004
et 2007) se poursuit, les stocks restants risquent tout simplement de
disparaître. Les perspectives de récupération sont sombres.
« Le thon rouge de l’Atlantique est
particulièrement vulnérable à la surexploitation ; en effet, cette
espèce est connue pour sa maturation tardive, sa faible production, et
la durée de deux à trois ans qui sépare les périodes de ponte », a
ajouté M. Travers. « Nous devons laisser au thon le temps de se
remettre de la surpêche; à défaut de quoi, je crains que nous ne
servions une fois de plus l’extinction sur un plateau. »
Voir cette vidéo courte indiquant les
pensées de Mr. Charles Clover sur le rejet de la protection du thon
rouge de l’Atlantique par la CITES.
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