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Communiqué immédiat:
18 Mars 2010

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Adam Roberts
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AUCUN APPETITE POUR LE THON

(DOHA)— Dans une décision ne tenant pas compte des conséquences à long terme, les Parties à la Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées d’extinction (CITES) ont rejeté une proposition de la Principauté de Monaco visant à protéger le thon rouge de l’Atlantique, par un vote décevant de 68 voix contre, 20 favorables, et 30 abstentions.

« Le thon rouge de l’Atlantique est victime de surexploitation imputable aux activités du commerce licite et de l’importante pêche illicite non réglementée et non déclarée » a signalé Will Travers, le président du Species Survival Network. « Où est le principe de précaution? Où sont les visionnaires? La CITES attendra-t-elle vraiment que les espèces aient complètement disparu avant d’agir? C’est une honte. »

Menés par le Japon, l’un après l’autre, les pays, et notamment de nombreux petits États insulaires dont l’économie de la pêche dépend des échanges avec l’Extrême-Orient, se sont alignés pour condamner la proposition qui, à leurs yeux, représentait un préjudice pour leur développement économique. Seules quelques nations semblent avoir conscience de la gravité des répercussions du commerce continu. À titre d’exemple, en 2007, alors que la taille maximale des prises globales recommandée était de 15 000 tonnes, la prise réelle atteignait presque 30 000 tonnes.

Le commerce international massif et le commerce illicite destinés en grande partie à satisfaire la demande des marchés du sushi et du sashimi au Japon, nuisent au thon rouge de l’Atlantique. Si la tendance du taux de capture annuel qui, selon les estimations, oscille entre 44 948 tonnes et 61 000 tonnes (entre 2004 et 2007) se poursuit, les stocks restants risquent tout simplement de disparaître. Les perspectives de récupération sont sombres.

« Le thon rouge de l’Atlantique est particulièrement vulnérable à la surexploitation ; en effet, cette espèce est connue pour sa maturation tardive, sa faible production, et la durée de deux à trois ans qui sépare les périodes de ponte », a ajouté M. Travers. « Nous devons laisser au thon le temps de se remettre de la surpêche; à défaut de quoi, je crains que nous ne servions une fois de plus l’extinction sur un plateau. »

Voir cette vidéo courte indiquant les pensées de Mr. Charles Clover sur le rejet de la protection du thon rouge de l’Atlantique par la CITES.


 

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