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Communiqué immédiat:
16 Mars 2010

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OPPOSITION CROISSANTE AU COMMERCE DE L'IVOIRE à DOHA

(DOHA)—Le soutien à la proposition tanzanienne pour réduire la protection internationale des éléphants d’Afrique et mettre sur le marché presque 90 tonnes d’ivoire semble s’effondrer lors de la réunion de la CITES qui a lieu à Doha au Qatar cette semaine. Dans une nouvelle de dernière minute annoncée dans la salle de conférence, le Secrétariat CITES a déclaré son opposition à la proposition de la Tanzanie.

Le Secrétariat CITES a exprimé son inquiétude vis à vis de l’application et du respect de la loi en Tanzanie. Il a déclaré que : « les efforts pour lutter contre le braconnage dans certaines parties du pays sont insuffisants, les stocks d’ivoire ne peuvent pas être complètement vérifiés et les contrôles du commerce illicite de l’ivoire brut provenant de la République Unie de Tanzanie ou étant en transit dans ce pays ne sont visiblement pas satisfaisants. »

Shelley Waterland, Responsable des programmes de la Fondation Born Free et Présidente du Groupe de travail sur l’éléphant pour le Réseau pour la Survie des Espèces (SSN) a déclaré: « La quantité de preuves accumulées contre la Tanzanie concernant son imprudente implication potentielle dans le commerce de l’ivoire est énorme. La corruption des institutions, la perte de plus de 30 000 éléphants en seulement 3 ans, les mesures de sécurité insuffisantes, et l’impact que le commerce de l’ivoire aurait sur la sécurité des éléphants sur tout le continent sont autant de raisons qui justifient le rejet de la proposition tanzanienne.»

Un Groupe de spécialistes CITES est récemment rentré d’un voyage d’inspection en Tanzanie où il a trouvé des preuves alarmantes :

  • La population tanzanienne d’éléphants a chuté de 24% (soit plus de 33000 éléphants) entre 2006 et 2009.
  • La Tanzanie est le pays le plus impliqué dans le commerce illicite de l’ivoire en Afrique.
  • Des agents des douanes et des autorités de l’administration chargée de la lutte contre le braconnage et des espèces sauvages sont apparemment impliqués.
  • Les poursuites judiciaires sont peu nombreuses et les peines ne sont pas suffisantes pour décourager les braconniers.

Notes supplémentaires:
- La population tanzanienne d’éléphants: 108 816 (déterminé) plus 27 937 (probable) en Tanzanie (Groupe UICN de Spécialistes de l’Eléphant d’Afrique 2007), bien que d’après les résultats du Groupe de spécialistes (2010), ce nombre soit certainement très inférieur à ce jour.
- Menaces: braconnage, commerce illicite, destruction de l’habitat, conflit entre l’homme et l’éléphant et instabilité civile.
- Le braconnage est un problème important qui menace les populations du pays : il a été signalé que les 11 678kg d’ivoire saisis au total en 2009 venaient de Tanzanie; par ailleurs, l’analyse ADN a pu identifier l’écosystème du Selous en Tanzanie (s’étendant sur la réserve de chasse de Niassa au Mozambique) comme étant la source des 5,2 tonnes d’ivoire saisies à Taiwan et des 2,6 tonnes saisies à Hong Kong en 2006 (Wasser et al. 2009).

 

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