|
(Doha) – Par un début de réunion CITES
CoP15 extraordinaire, sans précédent et peu respectueux de la
diplomatie, un délégué du Botswana a fait une demande en Assemblée
Plénière pour que la Proposition 6 soit retirée de l’ordre du jour.
Cette proposition, soumise par le Ghana, le Mali, le Kenya, la Sierra
Leone, le Rwanda, la République du Congo Brazzaville et le Libéria,
cherche à empêcher un commerce supplémentaire de l’ivoire et à
maintenir le niveau actuel de protection CITES des éléphants pendant
les 20 prochaines années.
Le Botswana a affirmé sans hésitation qu’il n’entrait pas dans les
prérogatives de la CITES d’introduire des mesures susceptibles
d’empêcher les Parties de faire des propositions futures pour amender
les Annexes – dans le cas présent, susceptibles d’empêcher des
déclassements futurs de l’Annexe I à l’Annexe II – et qu’une telle
décision viendrait porter atteinte aux droits souverains de chaque
Etat-membre. Bien sûr, lors de la réunion CITES de 2007, les Parties
avaient bien approuvé un moratoire de neufs ans sur le commerce de
l’ivoire en provenance de certains Etats de l’aire de répartition de
l’éléphant d’Afrique.
Cependant, le Président de la Plénière, sous les conseils du
Secrétariat de la CITES, a décidé que la Proposition 6 resterait à
l’ordre du jour.
Cette initiative honteuse du Botswana a provoqué de nombreuses
réactions parmi les participants surtout parmi les nombreux délégués
qui sont très choqués par les propositions de la Tanzanie et de la
Zambie qui cherchent à autoriser le commerce de 111 tonnes d’ivoire en
stock pour les vendre à la Chine et au Japon. Dans
les couloirs de la salle de la réunion pendant une pause, les délégués
africains provenant de toutes les parties du continent ont réitéré leur
opposition ferme à tout commerce supplémentaire de l’ivoire. Ici,
Monsieur Azizou El Hadj Issa, le Directeur de la Direction des Forêts
et des Ressources Naturelles au Bénin (un petit pays d’Afrique de
l’Ouest où il ne reste que 1200 éléphants), exprime son opposition au
commerce de l’ivoire et en appelle au reste du monde pour soutenir les
nombreux pays d’Afrique qui travaillent dur pour protéger leurs
éléphants contre les braconniers.
Il est clair que les Parties devront au bout du compte décider si
elles souhaitent voir davantage de convois internationaux d’ivoire très
risqués et susceptibles de menacer la vie de dizaines de milliers
d’éléphants à travers le continent ou soutenir des mesures susceptibles
de diminuer la pression du braconnage, de suffoquer la demande d’ivoire
et de renforcer quelque peu la sécurité des éléphants d’Afrique.
|