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LA
HAYE, Pays-Bas, 8 juin 2007 Les
délégués qui assistent
aujourd’hui à la session de la
Conférence des Parties de la Convention sur le commerce des
espèces de faune et de flore sauvages menacées
d’extinction (CITES)n’ont pas réussi,
à peu de choses près, à adopter des
mesures de protection historiques pour deux espèces de
requins menacées à l’échelle
mondiale. L’aiguillat commun et le requin-taupe commun
auraient été les premiers requins de grande
valeur commerciale ajoutés à la CITES depuis les
30 années d’existence du Traité. Bien
que la CITES protège plus de 30 000 espèces du
commerce illicite et non durable, il n’y a que 3
espèces de requins qui ont été
inscrites aux Annexes jusqu’à présent.
« Les espèces de requins du monde entier sont en
chute libre suite à la surpêche et à la
mauvaise gestion, souvent même à
l’absence de gestion » a
déclaré Carroll Muffett, sous-directeur des
campagnes de Greenpeace USA, organisation membre du Réseau
pour la Survie des Espèces (SSN). « La CITES est
un des seuls outils disponibles pour contrôler le
marché mondial des requins, et arrêter leur
glissement rapide vers l’extinction. Le refus de la
protection CITES pour deux des espèces de requins qui ont le
plus besoin de protection est une façon tristement ironique
de célébrer la journée mondiale des
océans ».
De plus, certains pays ont cité, comme justification de leur
opposition à la proposition, le manque de données
sur l’ampleur et les impacts de ce commerce. «
C’est précisément la raison pour
laquelle il faudrait inclure ces requins dans la CITES », a
déclaré Rebecca Regnery, Directeur des Programme
pour Humane Society International. « Si vous voulez
récolter des données sur le commerce des requins,
il faut d’abord demander aux pays de fournir ces
données. Les Parties à la CITES auraient pu
amorcer ce mouvement en votant plus sagement aujourd’hui
».
En
dépit d’une rude opposition de
l’industrie de la pêche et des pays qui sont contre
les réglementations internationales du commerce de la
pêche, les propositions pour les deux espèces ont
presque obtenu la majorité des deux-tiers
nécessaire pour réussir. Plus de 60% des Parties
ont soutenu la nouvelle protection pour l’aiguillat commun,
ce qui permet encore d’espérer que
l’espèce sera reconsidérée
la semaine prochaine. « Le vote
d’aujourd’hui laisse encore le futur de la
conservation des requins dans les limbes », a
déclaré Muffett. « Il y a encore un
espoir pour ces requins. Mais le temps presse ».
Une proposition semblable de protéger sept
espèces de poissons-scies (qui sont étroitement
apparentés aux requins) sera examinée quand la
session reprendra la semaine prochaine. Contrairement aux propositions
pour les deux requins, le plan pour les poissons-scies mettrait un
terme complet au commerce pour assurer la survie de ces animaux en
Danger Critique. L’optimisme initial au sujet de la
protection complète des poissons-scies s’est
éteint suite à une offre de dernière
minute de l’Australie de permettre la poursuite du commerce
de poissons-scies vivants même si tous les autres commerces
sont interdits. « L’Australie a
été un meneur dans la protection des requins
pendant des années » a
déclaré Will Travers, PDG de la fondation Born
Free et président du Réseau pour la Survie des
Espèces. « Cela nous a complètement
abasourdis que l’Australie puisse entraîner les
poissons-scies dans un si grand risque juste pour pouvoir les exporter
vers quelques aquariums. C’est une erreur terrible qui, nous
l’espérons, sera
reconsidérée et à laquelle on pourra
remédier. »
Notes de l’Editeur
Les propositions d’inscrire le requin-taupe commun (Lamna
nasus) et l’aiguillat commun (Squalus
acanthias) à l’Annexe II de la CITES
ont été soumises par l’Allemagne pour
le compte de la Communauté européenne. Si cette
proposition était acceptée, ces requins
rejoindraient le grand requin blanc, le requin pèlerin, et
le requin-baleine qui ont été inscrits
à l’Annexe II lors de CdPs
précédentes.
Le requin-taupe commun, un des requins qui a le plus de valeur
commerciale, est commercialisé pour sa viande, ses produits
dérivés, et ses ailerons. L’aiguillat
commun est commercialisé pour sa viande, qui est souvent
utilisée dans les « Fish and chips »,
plat européen très populaire. Ses ailerons, son
huile, son cuir et d’autres produits sont
également commercialisés pour une grande
variété d’utilisations.
La
proposition d’inscription de toutes les espèces de
poissons-scies (Pristidae) à l’Annexe I de la
Convention a été soumise par les Etats-Unis et
par le Kenya. Les poissons-scies sont menacés par la
surpêche, par des prises incidentes dans les filets de
pêche, et par la perte de l’habitat. Leur long
museau ressemblant à une scie, connu sous le nom de
« rostre », est commercialisé comme une
curiosité, les ailerons sont utilisés dans la
soupe d’ailerons de requins et les spécimens
vivants sont vendus dans les commerces d’aquariums
jusqu’à 1700$ par pied.
Notes
:
-
Les requins-taupes communs du nord-ouest de l’Atlantique sont
« En Danger d’Extinction » (UICN 2006).
-
Les requins-taupes communs de la Méditerranée et
du nord-est de l’Atlantique sont « En Danger
Critique d’Extinction » (UICN 2006).
-
Les requins-taupes communs de l’Océan du Sud sont
« Quasi Menacés » (UICN 2006).
-
Les aiguillats communs du nord-est de l’Atlantique sont
« En Danger Critique d’Extinction » (UICN
2006).
-
Les femelles des requins-taupes ont une maturité tardive et
elles n’ont des portées que de 4 petits
après 8 à 9 mois de gestation.
-
Les aiguillats communs sont “En Danger
d’Extinction” dans la mer
Méditerranée, dans le nord-ouest Atlantique et
dans le nord-ouest Pacifique (UICN 2006).
-
Les aiguillats communs sont « Vulnérables
» dans la mer Noire et en Amérique du Sud (UICN
2006).
-
Les pêcheries d’aiguillat commun prennent
généralement pour cible les femelles enceintes.
Toutes les espèces de poisons-scies sont “En
Danger Critique” (UICN 2006).
-
Les poisons-scies ont des taux de reproduction très faibles,
même quand on les compare aux autres requins et aux raies,
certains ne se reproduisant qu’après
l’âge de 20 ans.
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Carroll
Muffett (à La Haye): 06 4616 2042
Kitty
Block (en tout temps): 1- 240-888-4424
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