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LA HAYE — Le
Comité permanent de la Convention sur le commerce
international des espèces menacées
d’extinction (CITES) a pris des mesures qui restent
conditionnelles suite au non-respect, par le Pérou, des
dispositions CITES de protection de l’acajou (Swietenia
macrophylla) qui visent à garantir la viabilité
à long terme de l’espèce. Le
Comité permanent a toutefois décidé de
ne pas imposer les sanctions internationales strictes
demandées par de nombreux
délégués et observateurs non
gouvernementaux, et a accepté l’offre du
Pérou de réduire son quota annuel
d’exportation.
Will Travers, PDG de la Fondation Born Free et
Président du Réseau pour la Survie des
Espèces (SSN), a déclaré :
« Il s’agit d’une question qui
touche au bien-être des populations les plus
vulnérables de l’Amazone ; si les Parties
à la CITES se préoccupent vraiment de la
subsistance des peuples indigènes, il faudrait alors
qu’elles commencent par protéger la
forêt. » Lors du débat au
Comité permanent, Alberto Pizango, président
d’une association de populations indigènes au
Pérou (AIDESEP), s’est exprimé avec
passion pour défendre les droits des communautés
indigènes à lutter contre les coupes illicites de
bois.
Des représentants du Groupe de Travail du SSN sur le Bois,
une coalition générale d’experts en vie
sauvage participant à la réunion, ont
déclaré qu’une action était
nécessaire, mais ont conclu que la décision
n’allait pas assez loin. Le Groupe
espérait depuis longtemps que le Pérou ferait
preuve d’une plus grande volonté politique au plus
haut niveau pour vérifier la légalité
de toutes les exportations de bois du pays.
Kris Genovese, procureur international associé pour
l’organisation Defenders of Wildlife et
présidente du Groupe de Travail sur le Bois, se dit
préoccupée par la décision.
« Le Pérou est d’accord pour
réduire son quota d’exportation 2007 de
près des deux tiers, et de n’autoriser que les
ventes venant de concessions licites. Cependant, le Comité a
approuvé un mécanisme permettant
d’accroître les exportations d’acajou si
les vérifications gouvernementales montrent une meilleure
gestion intérieure des coupes. Que fera le Comité
permanent si le Pérou échoue encore une fois
quant au respect de ses obligations ? Espérons
qu’il n’a pas uniquement approuvé un
vide juridique où pourront s’engouffrer les
grumiers. »
Cinq ans après l’inclusion de l’acajou
à grandes feuilles aux Annexes CITES, ce qui a
entraîné l’adoption de règles
commerciales globales sur l’acajou dans les
échanges internationaux, le volume d’acajou
quittant le Pérou n’est clairement pas conforme
aux exigences régissant l’exportation. Par
exemple, les autorités scientifiques du Pérou ont
conclu qu’un maximum de 1,200 arbres pourraient
être abattus en 2007 si l’on veut respecter la
durabilité de l’espèce. Dans
les faits, plus de cinq fois ce chiffre — entre 5,600 et
7,100 arbres — pourraient être abattus au titre du
quota d’exportation d’origine accordé au
Pérou. »
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