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6 juin 2007

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LA CONVENTION DE L’ONU SE MET D’ACCORD SUR L’ACAJOU

LA HAYE — Le Comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES) a pris des mesures qui restent conditionnelles suite au non-respect, par le Pérou, des dispositions CITES de protection de l’acajou (Swietenia macrophylla) qui visent à garantir la viabilité à long terme de l’espèce. Le Comité permanent a toutefois décidé de ne pas imposer les sanctions internationales strictes demandées par de nombreux délégués et observateurs non gouvernementaux, et a accepté l’offre du Pérou de réduire son quota annuel d’exportation.

Will Travers, PDG de la Fondation Born Free et Président du Réseau pour la Survie des Espèces (SSN), a déclaré : « Il s’agit d’une question qui touche au bien-être des populations les plus vulnérables de l’Amazone ; si les Parties à la CITES se préoccupent vraiment de la subsistance des peuples indigènes, il faudrait alors qu’elles commencent par protéger la forêt. » Lors du débat au Comité permanent, Alberto Pizango, président d’une association de populations indigènes au Pérou (AIDESEP), s’est exprimé avec passion pour défendre les droits des communautés indigènes à lutter contre les coupes illicites de bois.

Des représentants du Groupe de Travail du SSN sur le Bois, une coalition générale d’experts en vie sauvage participant à la réunion, ont déclaré qu’une action était nécessaire, mais ont conclu que la décision n’allait pas assez loin.  Le Groupe espérait depuis longtemps que le Pérou ferait preuve d’une plus grande volonté politique au plus haut niveau pour vérifier la légalité de toutes les exportations de bois du pays.

Kris Genovese, procureur international associé pour l’organisation Defenders of Wildlife et présidente du Groupe de Travail sur le Bois, se dit préoccupée par la décision. « Le Pérou est d’accord pour réduire son quota d’exportation 2007 de près des deux tiers, et de n’autoriser que les ventes venant de concessions licites. Cependant, le Comité a approuvé un mécanisme permettant d’accroître les exportations d’acajou si les vérifications gouvernementales montrent une meilleure gestion intérieure des coupes. Que fera le Comité permanent si le Pérou échoue encore une fois quant au respect de ses obligations ? Espérons qu’il n’a pas uniquement approuvé un vide juridique où pourront s’engouffrer les grumiers. »

Cinq ans après l’inclusion de l’acajou à grandes feuilles aux Annexes CITES, ce qui a entraîné l’adoption de règles commerciales globales sur l’acajou dans les échanges internationaux, le volume d’acajou quittant le Pérou n’est clairement pas conforme aux exigences régissant l’exportation. Par exemple, les autorités scientifiques du Pérou ont conclu qu’un maximum de 1,200 arbres pourraient être abattus en 2007 si l’on veut respecter la durabilité de l’espèce. Dans les faits, plus de cinq fois ce chiffre — entre 5,600 et 7,100 arbres — pourraient être abattus au titre du quota d’exportation d’origine accordé au Pérou. »

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