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Les
Parties à la Convention sur le commerce international des
espèces de faune et de flore sauvages menacées
d'extinction (CITES) ont reconnu aux articles III et IV que le commerce
international des plantes et des animaux ne doit pas être
nuisible à la survie des espèces,
c'est-à-dire, doit être durable. Trop souvent,
l’exploitation d’une espèce est
déclarée durable en l’absence de
preuves le confirmant. De telles preuves devraient être
fournies par ceux qui souhaitent qualifier une exploitation de
«durable.» Les critères suivants ont
été créés pour aider les
Parties à évaluer la durabilité du
commerce de la faune et de la flore sauvages. Ces critères
peuvent être adaptés et utilisés lors
de l’évaluation de la durabilité
d’autres types d’exploitation. Les propositions
visant à supprimer ou à réduire le
niveau de protection d’une espèce, ou à
en commencer ou en augmenter le commerce international, devraient se
conformer à ces critères.
1.
Les informations nécessaires sont réunies
Suffisamment
d’informations sont réunies sur la population de
l’espèce utilisée et sur les facteurs
sociaux et économiques qui l’affectent pour
permettre de conclure que le niveau d’exploitation
n’est pas nuisible à la survie long-terme de cette
espèce dans l’aire de répartition,
à son habitat ou à son
écosystème. Ces informations doivent
également montrer que ce niveau d’exploitation
présente suffisamment de bénéfices au
niveau de la conservation pour justifier l’exploitation.
Des informations scientifiques valides sont nécessaires sur:
a)
la taille, la structure, la dynamique, le statut et la tendance de la
population (telles que le recrutement, la mortalité
naturelle et
causée par les hommes, l’immigration,
l’émigration, le système de
reproduction, la
structure des âges, la distribution des âges, le
ratio
sexuel, la densité, les taux de croissance,
l’âge de
maturité sexuelle, le comportement de dispersement et de
répartition, les maladies, la composition
génétique); b) le statut et
l’évolution des
habitats ou les autres composantes de
l’écosystème
nécessaires à la survie de la population; c) la
relation
entre la population et les espèces et communautés
associées (telles que les prédateurs, les proies,
les
distributeurs de graines, les agents de pollinisation, les
compétiteurs, etc.); et d) les facteurs abiotiques (tels
que la
pollution et le climat) qui semblent influencer le statut et
l’évolution de l’espèce ou de
l’écosystème qui la maintient. Des
informations
sont aussi nécessaires sur les types et les niveaux
d’exploitation passée, présente et
projetée,
et sur les facteurs sociaux, culturels, politiques et
économiques affectant ou susceptible d’affecter
l’exploitation.
2.
Un système de gestion basé sur la science est en
place
Un
système de gestion
basé sur la science est développé est
mis en
œuvre pour garantir que l’exploitation
d’une
espèce n’est pas, et ne deviendra pas dans
l’avenir,
nuisible aux populations ou aux espèces ou à
leurs
habitats et à leurs écosystèmes.
Le système de gestion s’adapte et
s’ajuste dans sa réponse aux changements
biologiques de la population d’une espèce, ou aux
modifications du type ou du niveau d’exploitation de la
population ou de son habitat ou de
l’écosystème qui la soutient. Un tel
système exige une surveillance continue de l’effet
de l’utilisation licite ou illicite sur la population ou
l’espèce gérée, son habitat
et son écosystème. Le système de
gestion: a) est basé sur un plan de gestion qui
résume les informations de base sur lesquelles la gestion
est établie, énumère les
étapes permettant la surveillance des effets de
l’exploitation sur l’espèce ou la
population, son habitat et son écosystème,
détaille comment les différents types et niveaux
d’exploitation sont ajustés à partir
des informations recueillies dans le cadre de la surveillance, et
décrit comment les modes d’exploitation sont
réglementés; b) gère les populations
biologiques dans leur ensemble, y compris dans le cadre d’une
gestion coopérative des populations chevauchant les
frontières internationales; c) prend en compte les facteurs
culturels, sociaux, politiques ou économiques affectant
l’exploitation d) assure que les marchés ne sont
pas stimulés au-delà des limites de la
population; e) développe un mécanisme permettant
de mettre
fin à l’exploitation si celle-ci devient nuisible
à la survie de la population; et f) assure la surveillance
indépendante et l’accès aux
informations scientifiques sur lesquelles la gestion est
basée.
3.
Le principe de précaution est appliqué
Le principe de
précaution est strictement appliqué pour
réduire
le risque de nuire aux populations ou aux espèces,
à
leurs habitats et à leurs écosystèmes.
Le principe de précaution a été
adopté dans
beaucoup d’accords internationaux y compris la CITES qui,
dans la
Résolution Conf. 9.24 (Critères
d’Amendement des
Annexes I et II), définit ce terme de la façon
suivante:
«L’incertitude scientifique ne devrait pas
être
utilisée comme une raison pour manquer d’agir dans
le
meilleur intérêt de la conservation de
l’espèce.» L’application du
principe de
précaution comprend un mécanisme permettant de
diminuer
ou de stopper l’exploitation si nécessaire pour
éviter de nuire aux populations ou aux espèces
sauvages,
à leurs habitats et à leurs
écosystèmes.
4.
Des directives, des lois et des institutions gouvernementales sont en
place
Des directives,
des lois et des institutions gouvernementales sont mises en place et
appliquées pour assurer que l’exploitation
d’une espèce n’est pas, et ne deviendra
pas dans l’avenir, nuisible aux populations ou aux
espèces sauvages, à leurs habitats et
à leurs écosystèmes.
Des lois sont adoptées pour établir les frais
d’utilisateur appropriés et les paiements de
gestion
pouvant être utilisés pour assurer
l’application et
le respect appropriés des lois et des
réglementations.
Des administrations nationales et locales de conservation et
d’autres administrations sont mises en place,
formées et
équipées pour assurer le respect des
règlements et
des lois applicables. Des sanctions administratives et
pénales
sont établies et appliquées pour
décourager et
punir les modes d’exploitation illégale tels que
le
braconnage et la contrebande. La population sauvage d’une
espèce dont l’aire de répartition
traverse ou
chevauche les frontières internationales est fait
l’objet
d’un accord de gestion entre les pays concernés.
Les
accords internationaux sont signés et appliqués.
Les
activités sous la juridiction ou le contrôle
d’un
État ne nuisent pas à la viabilité des
espèces sauvages dans un autre État ou dans
d’autres zones sous juridiction ou contrôle
internationaux.
Les espèces sont protégées contre les
impacts
négatifs évitables des activités
militaires.
5.
Les gens habitant près des populations utilisées
ont des responsibilités et reçoivent des
bénéfices
Les
bénéfices
économiques résultant de l’exploitation
sont
répartis équitablement entre ceux qui y
contribuent y
compris les gens habitant près de la population
exploitée
(les «locaux»). De tels
bénéfices diminuent
l’impact nuisible de telles personnes sur la survie de la
population ou de l’espèce, de son habitat et de
son
écosystème. Les gouvernements impliquent les
locaux dans
les décisions affectant l’exploitation tout en
continuant
à baser les décisions de gestion sur la science.
Les
locaux acceptent de s’adapter aux types
d’exploitation en
cours et d’agir différemment si
nécessaire pour
assurer la mise en œuvre efficace du plan de gestion.
6.
La durabilité économique est prouvée
Tous les
coûts liés à l’utilisation
proposée sont calculés et projetés
dans le détail. De tels coûts comprennent les
coûts liés à la surveillance
biologique, à la gestion et à la lutte contre la
fraude nécessaires pour garantir que
l’exploitation n’est pas, et ne deviendra pas dans
l’avenir, nuisible aux populations ou aux espèces
sauvages, à leurs habitats et à leurs
écosystèmes. Des taxes et des impôts ou
d’autres méthodes existent pour garantir que ces
coûts seront assumés par ceux qui profitent de
l’exploitation.
7.
Les bénéfices de conservation long-terme sont
prouvés
L’exploitation
fait
preuve de bénéfices de conservation long-terme
pour les
populations ou les espèces sauvages (tels que les efforts
renforcés de lutte contre le braconnage) et pour leurs
habitats
et leurs écosystèmes (telle que la protection de
l’habitat essentiel). L’exploitation assure
également la récupération des
populations
décimées. Les propositions instaurant de nouveaux
types
d’exploitation devraient faire preuve de
bénéfices
de conservation encore plus importants que ceux apportés par
le
régime de conservation déjà en place.
8.
L’exploitation est compatible avec d’autres types
d’exploitation de l’espèce et ne nuit
pas aux autres espèces
L’exploitation
d’une espèce est compatible avec
d’autres types
d’exploitation de cette espèce et ne nuit pas aux
autres
populations ou aux autres espèces, à leurs
habitats et
à leurs écosystèmes.
9.
Les animaux sont protégés contre la
cruauté et la souffrance, et la mortalité
incidente est évitée
Les animaux sont
protégés contre la cruauté et la
souffrance. La mortalité incidente des animaux ou des
plantes de l’espèce utilisée ou
d’autres espèces (telle que la
mortalité causée par l’utilisation de
méthodes de collecte non-sélectives ou par le
mauvais traitement des spécimens vivants lors de la capture,
de la garde, du transport ou de l’expédition) est
évitée. La collecte des informations
scientifiques est non-létale sauf quand il n’y a
pas d’autres moyens pour obtenir ces informations. Les
conditions touchant au bien-être des animaux
utilisés (telles que les conditions de capture, de garde, de
transport ou d’expédition) sont
enregistrées, évaluées et
surveillées.
Ces critères ont été
préparés en
août 1996 par le Groupe de Travail sur
l’Exploitation de la
Vie Sauvage du Réseau pour la Survie des Espèces,
une
coalition internationale d’organisations
dévouées
à la promotion, à
l’amélioration, et
à la stricte application de la Convention sur le commerce
international des espèces de faune et de flore sauvages
menacées d'extinction (CITES). Les organisations suivantes
sont
membres du Groupe de Travail et approuvent l’utilisation de
ces
critères : Animal Welfare Institute, Defenders of Wildlife,
Environmental Investigation Agency, Humane Society of the United
States, Humane Society International, Humane Society
International-Australia, International Wildlife Coalition, Wildlife
Conservation Philosophy Specialist Group of Japan, Mountain Gorilla and
Rainforest Direct Aid, Groupe de Spécialistes sur les
Tortues de
l’UICN, Royal Society for the Prevention of Cruelty to
Animals,
Tusk Force..
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